Eric BARI

Eric Bari ou l’envie d’être libre

La représentation du visible, c’est bien de ça dont il s’agit ici. Elle prend plusieurs visages, en fonction du sujet qu’il s’agisse de plages, de paysages, de nus, de portraits, de scènes, de marines ou de mer…  Des sujets de prédilection pour Eric Bari qui confesse par ailleurs une passion inconditionnelle pour la figure humaine. Mais comment la représenter aujourd’hui alors que tout semble avoir déjà été écrit en 40 000 ans d’histoire de l’art ? « Si le peintre est de son siècle et s’exprime avec sa propre personnalité alors la peinture figurative est intemporelle », rétorque Eric Bari qui se présente aussi en « résistant face au conceptuel ». En toute humilité, car l’artiste doute, ses toiles prouvent que peintre, il l’est vraiment et depuis longtemps.

Sa nomination officielle au rang de Peintre des armées de Terre (2001) puis de l’Air et de la Marine (2005) marque un tournant dans le parcours de l’artiste. « Cette reconnaissance nationale me place dans un contexte privilégié avec l’armée et m’a rendu possibles de nouvelles aventures picturales. » De fait, Eric Bari peut désormais embarquer sur les bâtiments de la Marine nationale ou partir en OPEX avec les autres Armes, et laisser libre cours à sa création. Existe-t-il un parallèle entre l’armée, monde cartésien s’il en est, et la peinture, univers qu’il l’est moins ? Réponse : « Oui, la notion d’engagement. Engagés les militaires le sont totalement, je le suis également dans ma quête picturale. J’utilise toutes les techniques et démarches artistiques qui me permettent d’exprimer la vision du peintre libre que j’ai envie d’être. »

Le peintre continue vaille que vaille à faire ce qu’il aime, c’est l’apanage des artistes qui ont trouvé leur voie et leur style. Comment définir celui d’Eric Bari ? Disons qu’il est pétri du souci du détail, d’émotion et de lumière. Qu’il transfigure la réalité (celle que son œil saisit) en ne trichant jamais. Les subterfuges n’appartiennent ni à son registre, ni à sa palette… Deux mots enfin sur sa technique, elle se devine plus qu’elle ne se voit mais elle participe pleinement à la magie dégagée par ses toiles. La peinture d’Eric Bari ne délivre pas de message, ne donne pas de leçon. Là résident sa force et sa pertinence.

Jean-Pierre Saccani

Journaliste & écrivain – Auteur de nombreux hors-séries pour Beaux-Arts Magazine

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